Vers un modèle de ville intelligente ?

J’ai assisté cette année à plusieurs des débats organisés sur les Villes intelligentes par France Stratégie.

Deux sujets récurrents étaient, d’une part, la question de la définition de la Ville intelligente, d’autre part, celle de savoir s’il y avait un modèle de ville intelligente ou à défaut, un moyen pour les villes de ne pas toujours recommencer à zéro.

Définition de la Ville intelligente

Les définitions des divers intervenants à ces ateliers tournent toutes autour de quelques thématiques : développement durable, nouvelles approches de la consommation énergétique, mobilité douce, etc. La plupart mettent également en avant la question de la gouvernance, des collaborations entre acteurs publics et privés et de l’implication citoyenne. Tout çà est assez classique. La question du rôle du numérique dans la Ville intelligente fait en revanche débat. De nombreux intervenants évoquent le numérique comme une thématique (numériser la ville), certains ne l’évoquent que comme un moyen (déployer des plates-formes pour maîtriser le développement des services numériques), l’objectif étant plutôt la régénération urbaine, d’autres enfin estiment que la Ville peut devenir intelligente sans forcément mettre l’accent sur le numérique.

On pourra ainsi mesurer le chemin parcouru depuis les premières approches de la Ville intelligente sponsorisées par les grands acteurs du numérique, et qui présentaient le déploiement de technologies informatiques comme une fin en soi et un objectif de la Ville Intelligente. Les outils informatiques redeviennent ce qu’ils devraient être, un moyen; et les objectifs de gouvernance, de participation citoyenne et d’aménagement urbain redeviennent prioritaires.

Vers un modèle de ville intelligente ?

Ces réunions ont également été l’occasion d’intéressants débats sur la question de savoir s’il est aujourd’hui possible d’identifier un modèle de ville intelligente.

Il me semble que sur ce sujet, on peut évoquer deux axes traduisant les dynamiques urbaines en action. Le premier axe est un axe stratégique « local / global »Dans un premier temps, la démarche de Smart City est portée par une volonté de différenciation vis-à-vis des autres collectivités, perçues comme concurrentes : la Ville  affirme son autonomie, valorise son tissu économique et associatif local et adresse des particularités locales ou des objectifs propres à son territoire. Dans un second temps, les problématiques de l’intérêt général, les besoins de synergie et d’économies d’échelles, le constat que certains problèmes sont récurrents dans la plupart des territoires conduiront les collectivités à se rapprocher.

Cette dynamique est très bien illustrée par les démarches Open Data : dans un premier temps, chacun déploie rapidement sa plate-forme pour affirmer son adhésion aux principes de l’Open Data et manifester sa volonté d’ouverture, dans un deuxième temps, le constat que les données d’une ville sont d’autant plus facilement réutilisables qu’elles sont disponibles de façon identique dans les autres territoires conduit les promoteurs de l’Open Data dans les collectivités à essayer de faire émerger des standards (données considérées comme essentielles, formats, structures et modes de diffusion).

Le deuxième axe est temporel et lié à l’innovation : le temps de l’innovation est celui du foisonnement, nécessaire pour faire émerger des concepts, tester des services, des solutions technologiques. Vouloir standardiser ou imposer un modèle à ce stade serait contre-productif, car il s’agit d’inventer. Cependant, après cette phase d’innovation, le besoin évolue et c’est le temps de la généralisation : il faut pérenniser les solutions développées, les rendre interopérables, réduire les coûts de déploiement et d’exploitation, donc standardiser.

Peut-on d’ailleurs à ce stade, imaginer qu’un modèle de ville intelligente puisse être adopté par les territoires ? Il semble aujourd’hui plus réaliste d’imaginer des synergies, une capitalisation d’expériences, une transposition au cas par cas d’expériences ou de projets d’une collectivité à l’autre, car les territoires ont leurs spécificités, leurs atouts et leurs faiblesses et l’idée d’un modèle type de ville intelligente me semble une vue d’esprit.

On trouvera dans ce lien un accès aux documents diffusés à l’occasion des débats organisés par France Stratégie : ils sont dans l’ensemble très intéressants.

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