SIDO 2016 : de l’IOT pour le public à l’IOT pour les organisations

Cette semaine, il fallait choisir entre le 3D et les maquettes numériques de territoire au BIM World (Paris les 6 et 7 avril) et les objets connectés et la ville intelligente au SIDO (Lyon, mêmes dates) ou se partager entre les deux manifestations. Le 3D est certes plus d’actualité dans le domaine de la géomatique, mais j’ai finalement préféré visiter le SIDO en raison de son intérêt plus prospectif.

De SIDO 2015 à SIDO 2016 : la professionnalisation

Un premier commentaire concerne l’évolution de SIDO de 2015 à 2016. Les exposants de SIDO 2015 étaient majoritairement des start-ups développant des objets connectés pour le public. Les conférences étaient focalisées sur les technologies, la conception et le développement d’objets et abordaient surtout les objets pour le public. le discours ambiant était (je caricature à peine) : « si vous voulez que votre société survive, vous devez transformer rapidement vos produits en objets connectés et d’ailleurs, c’est un eldorado ».

Sur les stands de SIDO 2016, on trouvait toujours des start-ups, mais on notait cette année la présence plus importante de grands groupes du domaine des TIC (STERIA, CGI, Orange, Thales, etc) ou d’industriels (Legrand, Schneider…). Cette présence manifeste l’intérêt des entreprise pour l’IOT à deux niveaux : d’une part, elles sont susceptibles de transformer leur business en remplaçant leurs produits traditionnels par des produits et services connectés, d’autre part, elles sont potentiellement utilisatrices d’objets connectés pour améliorer leur rentabilité et leur productivité. On pouvait également noter l’émergence d’une offre d’accompagnement des projets IOT : designers, composants de base, connectivité, solutions informatiques pour la conception, accompagnement des projets…

Dans les conférences, on pouvait également remarquer un meilleur équilibre entre usages (il paraît que c’était une consigne des organisateurs), services et technologies et la moitié des conférences illustraient la montée en puissance des applications professionnelles (IOT dans le domaine industriel et smart cities notamment). le discours était également plus pragmatique : « il faut y aller, mais quel impact humain et sociétal ? ». On a ainsi abordé des questions de rentabilité, de modèle économique, d’adoption, d’impact sur les processus métiers…

Quelques autres tendances

Je ne résiste pas au plaisir de citer quelques nouveaux objets connectés, car c’est aussi le charme de ce domaine de voir émerger des produits connectés inattendus. Le vélo et le pot de fleur connectés étaient déjà présents l’an dernier, mais on a vu cette année la maroquinerie connectée, le foulard connecté (anti-pollution), la ruche connectée et la gamelle du chat (ou du chien) connectée.

Plus sérieusement, côté entreprise, on a pu aborder la problématique de l’industrie 4.0, nouveau paradigme de l’entreprise connectée, dans lequel les relations et la chaîne de valeur entre l’entreprise et ses fournisseurs est modifiée en profondeur. On peut la résumer avec cet exemple : General Electric ne vend plus des moteurs d’avion, mais des heures de vol aux compagnies aériennes.

Côté Smart Cities, les retours d’expérience montrent que si les technologies peuvent rencontrer les usages, les questions d’adoption et d’accompagnement des utilisateurs sont loin d’être résolues (les objets connectés atteindront-ils d’autres cibles que les geek, qui sont loin d’être majoritaires dans la population ?) et les modèles économiques se cherchent encore (dans la plupart des cas, la collectivité doit investir massivement dans des technologies qui améliorent le bien-être des citoyens ou leur procurent un gain financier sans pouvoir espérer de retour sur investissement à son niveau).

Les technologies ne sont toujours pas standardisées et on court toujours le risque de voir un projet remis en question par le choix d’une technologie devenue obsolète. La bonne nouvelle est en revanche l’émergence de plusieurs plates-formes ayant pour objet de garantir sécurité et indépendance des industriels (projet S3P) ou des collectivités par rapport aux plates-formes nord-américaines des GAFAs. Voir par exemple les projets Open Source sponsorisés par l’Union Européenne : Open IOT (openiot.eu),VITAL (vital-iot.eu), COSMOS (iot-cosmos.eu) ou Clout (clout-project.eu).

Rendez-vous au SIDO 2017

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Un commentaire pour SIDO 2016 : de l’IOT pour le public à l’IOT pour les organisations

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