Observatoires du territoire et outils géodécisionnels

De l’agrégation de données à l’observatoire

De nombreux organismes déploient ou souhaitent déployer des observatoires territoriaux, liés à des projets d’aménagement particuliers (le tramway dans telle ville), à des dispositifs institutionnels  (observatoires des SCOT, de l’habitat, du bruit, etc), à des préoccupations d’évaluation de politique publique (action sociale dans les départements) ou enfin, tout simplement, pour établir un diagnostic et assurer le suivi d’actions dans un domaine particulier (tourisme, économie, etc).

Bon nombre de ces observatoires ne sont au démarrage que des bases de données agrégeant des sources diverses de données dans la thématique considérée et comportant parfois une partie statistique, parfois une partie géographique, et pour certains utilisateurs, la perception de l’observatoire s’arrête à cette agrégation de données. J’ai ainsi pu voir récemment un « Observatoire de l’Eau » qui agrégeait des données aussi diverses que grands équipements de réseaux, prix de l’eau par commune, installations d’irrigation, éléments concernant les zones inondables, etc. Toutes ces thématiques sont certes en relation avec l’eau, mais je n’ai pas compris quelle était la finalité de cet observatoire.

En effet, si l’observatoire souhaite jouer son rôle de suivi de l’évolution d’une situation dans le temps et/ou de comparaison entre territoires, il devient très vite évident que sa finalité n’est pas uniquement de superposer des couches géographiques ou de présenter des tableaux de valeurs brutes : elle est surtout de produire des indicateurs datés et territorialisés.

Prenons l’exemple d’un observatoire de la cohésion sociale, besoin récurrent de nombreux départements. Dans une première phase, le département va par exemple localiser les EPAD (établissements pour personnes âgées et dépendantes), territorialiser ses dépenses dans les divers dispositifs qui concernent les personnes âgées et disposer de statistiques pour cette population commune par commune ou suivant d’autres zonages (cantons, EPCI, etc). Mais comment vérifier que les dispositifs sont correctement dimensionnés et localisés et que les dépenses profitent bien aux territoires qui en ont le plus besoin ? A l’aide de la géolocalisation, ces diverses informations vous pouvoir être croisées les unes avec les autres pour produire des indicateurs synthétiques communaux, cantonaux ou calculés par EPCI, qui permettront de comparer les territoires entre eux et d’étudier l’évolution de la situation année par année : population cible de chaque EPAD, euro dépensé par personne potentiellement, concernée, etc.

De mon point de vue, ce sont les indicateurs qui font l’observatoire, et non les agrégations de données, si utiles soient-elles du point de vue de la consultation de données.

De l’observatoire au géodécisionnel

Pendant longtemps, ces observatoires étaient des dispositifs informatiques particuliers, applications de bases de données dans lesquels des fonctions de calcul particulières calculaient ces indicateurs. A partir de données brutes récupérées dans divers dispositifs à l’aide d’outils ETL (Extract / Transform / Load, autrement dit, traducteurs universels), et stockées en base de données et / ou sous forme de fichier géographiques, une combinaison de fonctions SIG et de bases de données permettaient de produire les indicateurs.

Aujourd’hui, le déploiement des outils décisionnels et l’ajout de fonctions cartographiques à ces outils (leur donnant une dimension géodécisionnelle) conduisent à envisager différemment les architectures techniques support des Observatoires du territoire. En effet, dans la mesure où les organisations déploient des systèmes décisionnels qui ont vocation à récupérer des données brutes transformées et à permettre de produire des indicateurs synthétiques et de les cartographier, on peut mobiliser les ETL pour transférer et transformer les données, voire dans certains cas, produire certains indicateurs. Ensuite, d’autres indicateurs pourront être calculés à la volée et présentés sous forme de cartes, diagrammes, tableaux de bord dans ces outils décisionnels. Les SIG seront le cas échéant mis à contribution pour produire des indicateurs nécessitant des géotraitements non accessibles dans l’ETL ou le système décisionnel.

Faut-il donc distinguer les observatoires du territoire (ceux qui produisent des indicateurs) et les outils géodécisionnels ? Je serais pour ma part tenté de considérer que ce sont des outils conceptuellement très proches, mais que l’expression « Observatoire du Territoire » parle plus aux géomaticiens, spécialistes du territoire et aux acteurs du secteur public (Observatoire du Territoire), alors que l’expression géodécisionnel parle plus aux informaticiens et aux entreprises.

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