La confrontation des concepts à la réalité : le métier de géomaticien

La définition du métier de géomaticien de l’ONISEP citée par Sébastien Joly me semble soulever deux questions.

La première est évoquée par Sébastien JOLY. Précisément, que signifie « participer » (dans tous les sens du terme) à la constitution et l’exploitation de ces bases de données ? Si on poursuit le raisonnement de Sébastien Joly, le « géomaticien » est surtout un utilisateur de solutions géomatiques, et donc, un producteur de cartes et de données géographiques. Cette vision correspond bien aux compétences de la plupart des géomaticiens français, disposant de masters en géomatique délivrés par des UER de géographie, qu’on surnomme « géomaticiens cartographes », mais dont la valeur ajoutée dans l’organisation serait finalement assez limitée s’ils se limitaient à la gestion de données et à la production de cartes thématiques. On pourrait d’ailleurs considérer dans ce cas que d’un point de vue organisationnel, il serait suffisant de les rattacher à la Direction opérationnelle pour laquelle ils gèrent des données et produisent des cartes : il n’est pas nécessaire d’en faire une cellule distincte, et les rattacher à la DSI n’a pas beaucoup de sens car ce ne sont que des utilisateurs d’outils informatiques.

La deuxième est celle de l’adéquation de cette définition avec les attentes des organismes utilisateurs de SIG concernant le rôle des géomaticiens. On trouvera aujourd’hui peu d’acteurs pour défendre l’idée que l’administration de bases de données relève de la compétence des géomaticiens, mais précisément, quand on évoque la responsabilité d’administrateur fonctionnel d’applications géomatiques que peut assumer le géomaticien, il me semble qu’on est au-delà d’un simple rôle d’utilisateur de solution et qu’on évolue vers la vision du « géomaticien informaticien » que de nombreuses organisations cherchent en vain : celui qui sait par exemple concevoir des applications et bases de données géomatiques et aller au-delà de la gestion de données et de la production de cartes. La question de savoir si le géomaticien doit être ou non rattaché à la DSI me semble comme Sébastien Joly un combat d’arrière-garde (s’il est en charge de ce composant particulier du SI qu’est le SIG, sa place est forcément dans la DSI), la vraie question étant plutôt de savoir quelles responsabilités le géomaticien est en mesure d’assumer dans l’organisation. Force est de constater qu’en France, ce n’est pas une logique de rationalisation qui préside à la répartition des rôles entre informaticiens et géomaticiens, mais le constat des compétences (et surtout des lacunes) de ces derniers sur certains volets du système d’information (géographique).

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