La confrontation des concepts à la réalité des organisations : le SI

Les commentaires sur le SI de Sébastien Joly relancent l’éternel débat sur la confrontation des concepts à la réalité dans les organisations et comme le dit Paul TILLICH « le combat pour la réunion de la théorie et de la pratique ne cesse jamais ». Bien entendu, le SI n’est pas la propriété de la DSI, mais celle de l’organisation toute entière, et si d’un point de vue conceptuel, le concept de division s’oppose à l’idée même d’un système d’information (les parties en italiques sont des citations du commentaire de Sébastien Joly), quand on passe du concept à la réalité (ou de la conception à la réalisation), on est en pratique conduit à découper le SI en blocs fonctionnels, puis en applications informatiques qui concrétiseront de façon plus ou moins cohérente ces divers blocs fonctionnels.

Bien entendu, dans un monde idéal, le découpage du SI en diverses catégories devrait être la conséquence d’une stratégie définie au niveau de la Direction Générale de cette organisation.  Dans la réalité, le découpage du SI est plutôt la résultante de l’action de diverses influences auxquelles  sont soumises l’organisation et sa DSI :

–          Les jeux de pouvoir dans l’organisation et les personnalités des acteurs clés (notamment : Direction Générale, Directeur des Systèmes d’Information, responsable SIG, etc). La perception par le management de la différence entre SI et application informatique conduira par exemple à la recherche d’une approche cohérente du SI ou à l’inverse, à la multiplication d’applications couvrant des besoins sectoriels sans souci de cohérence.

–          D’autres contraintes internes, parmi lesquelles les contraintes budgétaires ou temporelles

–          la structuration de l’offre logicielle et progicielle, qui oriente souvent de l’extérieur le découpage en blocs fonctionnels du SI (si une organisation veut échapper à cette influence, elle n’a d’autre choix que de développer son SI à partir de briques spécifiques, ce qui présente des coûts et des risques beaucoup plus importants que ceux résultant de l’usage de progiciels du marché).

–          D’autres contraintes externes, notamment l’influence des parties prenantes externes : citoyens ou clients (suivant qu’on est dans le secteur public ou privé), institutions, etc.

(Cette liste de contrainte n’est bien entendu pas exhaustive)

Il est toujours bon de rappeler la règle, mais on ne devrait jamais oublier que cette règle est mise en œuvre par des acteurs humains et des organisations dans un contexte institutionnel où il n’existe pas de rationalité globale, mais seulement des rationalités locales comme l’ont rappelé de nombreux sociologues des organisations.

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