L’autonomie des géomaticiens dans l’organisation

La question de l’autonomie du SIG et des géomaticiens par rapport au SI et à la DSI est un des points qui font débat dans mon ouvrage.  Bien sûr que dans certains cas, il ne s’agit que d’une stratégie d’acteur dictée par le seul objectif de « rester le chef de son service et ne pas passer sous la domination de la DSI » qui n’appelle pas de commentaires. Mais je sais que pour certains géomaticiens , il y a d’autres arguments d’ordre technique, organisationnels ou stratégiques tels que :  « sans géomatique visible et identifiée comme telle, le SIG  va se « diluer » et on perdra sa valeur ajoutée spécifique) ». Qu’en pensez-vous ? Quels arguments justifieraient ,selon vous ,de maintenir une cellule SIG en dehors de la DSI ?

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Un commentaire pour L’autonomie des géomaticiens dans l’organisation

  1. Professionnel de longue date dans les métiers de l’informatique et plus particulièrement celui de la production, avec une spécialisation « géo-informatique », je vous propose ma vision de ce problème. Excusez-moi d’avance d’être aussi catégorique et permettez-moi partager mon expérience.
    Je souhaite rappeler que le système d’information (SI) n’est pas la propriété de l’informatique mais belle et bien d’un établissement mandaté d’une mission. Pour cela, il faut considérer l’informatique comme le gestionnaire du SI. S’il doit exister des catégories de SI tel que SID, SIG ou autres, celles-ci ne seront que des sous-ensembles d’une stratégie commune à la mission de l’établissement. Pour des raisons de cohérence et maitrise de l’urbanisation du SI, il est évident qu’il ne doit pas exister parallèlement différent système d’information vivant leur vie dans un établissement. Le concept de division s’oppose à l’idée même d’un système d’information.
    A mon sens, il faut revenir au fondement du métier de géomaticien tel que défini par exemple par l’ONISEP (même si cela ne plait pas à tout le monde, cette définition a au moins le mérite d’exister et d’identifier un métier) : « Ce professionnel participe à la constitution et à l’exploitation de bases de données associant des cartes, des images aériennes et satellites, du texte et des statistiques… À partir de ces informations, il produit des cartes thématiques et des analyses spatiales, véritables outils d’aide à la décision. » Dans cette définition le verbe « participer » prend tous sons sens.
    D’un point de vu organisationnel et bien entendu dans un établissement de dimension suffisante, la Géomatique n’est autre qu’un métier de support tant qu’elle n’est pas définie comme mission principale de l’établissement. A ce titre, une fonction de support ne se suffit pas à elle-même et n’existe que pour fournir un servir aux fonctions opérationnelles et principales de l’établissement (mission). Comme pour les fonctions de support en ressources humaines, en finance, en informatique, en logistique (…), la géomatique répond aux besoins exprimés par la mission et donc aux besoins des utilisateurs de cette fonction.
    Le géomaticien est pour ma part un utilisateur exploitant des solutions Géomatique. Comme le contrôleur de gestion peut utiliser des solutions informatiques de compatibilités. Dans les deux cas ces personnels sont des spécialistes (expert) métiers ne devant pas disposer pas des prérogatives de mise en œuvre ou de gestion des équipements à disposition. Ils sont maitre des processus métiers et des données mais en aucun cas des infrastructures. Leur rôle peut par contre leur permettre d’influencer la définition d’outils et le choix de solution en participant à la maitrise d’ouvrage des projets.
    Exemple flagrant : L’administrateur de bases de données (DBA) et l’administrateur de données localisées (ADL) la grande confusion entre le gestionnaire du contenant et celui du contenu. L’administrateur de bases de données est le garant de l’ensemble des processus fonctionnels des bases de données, il a de fait tous les privilèges sur les serveurs, les instances et le schéma de base de données. Accompagné des d’administrateurs systèmes ils maintiennent, optimisent et rendent disponible les services du SGBD. L’administrateur de données localisées est le gestionnaire du contenu de la base de données. Il est le garant du cycle de vie d’une donnée. Il respecte les préconisations d’usages des informaticiens. C’est un administrateur fonctionnel métier.
    Dans une logique de rationalisation, il parait donc évident qu’une politique d’économie nécessite une mutualisation des centres de compétences et de faire converger les ressources « geo-informatiques » (différent de géomatique) dans le giron de l’organisation informatique de l’établissement.
    Les guerres de chapelles existeront toujours, elles ne seront jamais dans l’intérêt de l’établissement mais dans celui d’individus ou de groupes d’individus.
    La valeur ajoutée : L’informatique a vécu des heures noires au début des années 2000. Cette période correspond à un virage important où l’on pensait que l’informatique été un centre de coût plus qu’un centre de valeur ajoutée. Il a fallu des années, des méthodes, la mise en œuvre de bonnes pratiques organisationnelles avant qu’il soit admis que cette fonction de support était une centre de valeur ajoutée pour la mission d’un établissement. La Géomatique vit peut être cette situation aujourd’hui.
    Mon sentiment est qu’il est évident que ce métier est ou sera considéré comme une valeur ajoutée à beaucoup de missions, mais il faudra encore un peu de maturité aux Géomaticiens avant d’être identifié comme discipline à part entière et dans une dimension organisationnelle cohérente.
    Rappels : Fonction et mission
    Mission : du latin missio, « action d’envoyer » ; charge donnée à quelqu’un d’accomplir quelque chose, de faire quelque chose…
    Fonction : du latin functio, « accomplissement » et de fongi « s’acquitter » ; Action, rôle caractéristique d’un élément, d’un organe dans un ensemble.
    La fonction recouvre les actions, les tâches, les responsabilités caractéristiques d’une personne dans l’exercice d’une charge, d’un emploi, d’un poste. La fonction hérite donc des caractéristiques définissant un métier.

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